Théorie des Matrices progressives de Raven

Théorie des Matrices progressives de Raven





    1. Présentation

      • Les matrices progressives ont été improprement appelées « test de facteur g ».
      • Le facteur g (diminutif de « facteur général », général factor en anglais), est un concept développé dans le cadre des recherches en psychométrie sur les habiletés cognitives. C’est une variable qui caractérise les corrélations positives que la recherche empirique a trouvé de façon constante entre les tests d’aptitudes mentales, quel que soit le contenu des tests.
    2. Un test de facteur g ?

      • Les Matrices Progressives, sous leur forme initiale qui est encore la plus utilisée aujourd’hui (communément appelées PM-38), ont été conçues par J.C. Raven sur la base théorique développée par C. Spearman. À partir de l’observation selon laquelle celui qui réussit bien sur une épreuve tend à réussir bien d’autres épreuves, C. Spearman, « psychologue anglais», déduit un facteur commun aux efficiences dans diverses épreuves scolaires.
      • Dans la recherche princeps dont il déduit le facteur « g », les classements scolaires dans les diverses matières sont utilisés de façon pratique, sans conception a priori de l’intelligence, ni conception d’épreuves les mieux appropriées à ce quel’on veut mettre en évidence. L’essentiel est la corrélation entre résultats, qui autorise l’induction d’un facteur mental général. Une assertion suffit à justifier la démarche : la corrélation entre résultats dans deux épreuves s’explique par un facteur commun à ces deux épreuves.
      • Le facteur commun g est identifié par Spearman (1927) comme rendant compte de l’énergie mentale. Celle-ci est mise en œuvre selon trois lois, dont l’énoncé connote une activité consciente :
        • La loi de l’appréhension (conscience de son propre fonctionnement) ;
        • La loi de l’éduction de relation (qui consiste à trouver la relation entre deux observations) ;
        • La loi de l’éduction de corrélation (qui consiste à trouver une idée corrélative à une relation).
    3. La définition de g

      • La définition de g a connu des ajustements. Ses justifications mathématiques ont connu des modifications et des amendements.
      • Spearman en a même proposé une image, sous la forme d’un cerveau dont toutes les forces convergent vers un point central.
      • L’image veut traduire à la fois l’idée d’une conception dynamique de g et la conviction d’un substrat biologique qui expliquerait les différences individuelles.
      • Pour Spearman, g est constant chez l’individu et il distingue deux individus.
      • Retenons donc que Spearman et ses élèves désignent par le nom de « facteur g » un facteur qui rendrait compte des corrélations observées entre données issues de passation d’épreuves de catégories diverses à un même groupe de sujets.
      • Mais précisons que l’on parle plus proprement dans ce cas d’analyse bi-factorielle puisque l’ensemble des observations seraient circonscrites par une hypothèse de deux facteurs, l’un général (g), l’autre étant un facteur de groupe présent dans un ou plusieurs tests.
    4. Les tests improprement appelés de « facteur g »

      • Sur la base de ces travaux et de cette théorie de l’intelligence, divers auteurs ont mis au point des épreuves largement diffusées et utilisées pour certaines d’entre elles :
      • Théorie des Matrices progressives de Raven

        • Raven considère à la suite de Spearman deux composantes en interaction dans g, l’aptitude éductive et l’aptitude reproductive. La première est l’aptitude à inférer des relations pertinentes sur des données nouvelles, la seconde l’aptitude à retrouver ce qui est déjà disponible des connaissances acquises. La premières’exerce plutôt sur du matériel non verbal, la seconde plutôt sur des données verbales. Les Matrices progressives de Raven (1938) sont conçues comme un test d’éduction de relations et de corrélations. Il est utilisé conjointement avec un test de vocabulaire en Angleterre, le test de vocabulaire de Mill Hill, testant l’aptitude reproductive ;
        • L’illusion de tenir l’intelligence a pu accréditer les théorisations sur les tests dits « culture free » (« indépendants de la culture ») ou « culture fair » (« équivalents dans diversescultures »). Danscette veine,« Cattell » publie
        • une batterie de quatre séries d’épreuves (ECPA, 1953) moins connue des psychologues que les Matrices progressives et souffrant en France d’un étalonnage ancien. Le test d’intelligence de Cattell (1953) met en œuvre diverses tâches d’identification de différences, de complètement de séries, de recherches d’analogies ;
        • Le D-48 est un test créé par E. Anstey en Grande-Bretagne, adapté en France par P. Pichot (ECPA, 1974). Il est construit sur le modèle des Matrices progressives, comme « épreuve d’éduction des relations et des corrélats »,et il utilise un matériel non verbal perceptif (des représentations figurées des dominos).
        • L’épreuve s’applique aux sujets dont l’âge mental est au moins égal à 12 ans, âge considéré par l’auteur comme nécessaire à la compréhension des relations d’induction. Il est considéré par son créateur comme test de mesure de l’intelligence générale, plus fortement saturé en facteur général que les Matrices progressives, parce qu’il ne ferait pas l’erreur de mêler à la compréhension des relations d’induction l’aptitude à compléter des gestalts.

      Source:Guide clinique des tests chez l’enfant Auteur: Burnard jumel