[stm_course_lessons title="Cours UML(Langage de Modélisation objet Unifié)"][stm_course_lesson icon="fa-icon-stm_icon_book_stack" title="INTRODUCTION" meta_icon="fa-icon-stm_icon_book_stack"]
Les modifications qui ont été apportées au logiciel de gestion de médiathèque, nous ont amené à transformer ce qui était à l'origine une structure de données, manipulée par des fonctions, en une entité autonome, qui regroupe un ensemble de propriétés cohérentes et de traitements associés. Une telle entité s'appelle... un objet et constitue le concept fondateur de l'approche du même nom.
Un objet est une entité aux frontières précises qui possède une identité (un nom). Un ensemble d'attributs caractérise l'état de l'objet.
Un ensemble d'opérations (méthodes) en définissent le comportement. Un objet est une instance de classe (une occurrence d'un type abstrait).
Une classe est un type de données abstrait, caractérisé par des propriétés (attributs et méthodes) communes à des objets et permettant de créer des objets possédant ces propriétés
- UML est une norme
Fin 1997, UML est devenu une norme OMG (Object Management Group).
L'OMG est un organisme à but non lucratif, créé en 1989 à l'initiative de grandes sociétés (HP, Sun, Unisys, American Airlines, Philips...). Aujourd'hui, l'OMG fédère plus de 850 acteurs du monde informatique. Son rôle est de promouvoir des standards qui garantissent l'interopérabilité entre applications orientées objet, développées sur des réseaux hétérogènes.
L'OMG propose notamment l'architecture CORBA (Common Object Request Broker Architecture), un modèle standard pour la construction d'applications à objets distribués (répartis sur un réseau).
CORBA fait partie d'une vision globale de la construction d'applications réparties, appelée OMA (Object Management Architecture) et définie par l'OMG. Sans rentrer dans les détails, on peut résumer cette vision par la volonté de favoriser l'essor industriel des technologies objet, en offrant un ensemble de solutions technologiques non propriétaires, qui suppriment les clivages techniques.
UML a été adopté (normalisé) par l'OMG et intégré à l'OMA, car il participe à cette vision et parce qu'il répond à la "philosophie" OMG.
- UML est un langage de modélisation objet.
Pour penser et concevoir objet, il faut savoir "prendre de la hauteur", jongler avec des concepts abstraits, indépendants des langages 'implémentation et des contraintes purement techniques. Les langages de programmation ne sont pas un support d'analyse adéquat pour "concevoir objet". Ils ne permettent pas de décrire des solutions en terme de concepts abstraits et constituent un cadre trop rigide pour mener une analyse itérative.
Pour conduire une analyse objet cohérente, il ne faut pas directement penser en terme de pointeurs, d'attributs et de tableaux, mais en terme d'association, de propriétés et de cardinalités... Utiliser le langage de programmation comme support de conception ne revient bien souvent qu'à juxtaposer de manière fonctionnelle un ensemble de mécanismes d'implémentation, pour résoudre un problème qui nécessite en réalité une modélisation objet.
L’approche objet nécessite une analyse réfléchie, qui passe par différentes phases exploratoires. Bien que raisonner en terme d'objets semble naturel, l'approche fonctionnelle reste la plus intuitive pour nos esprits cartésiens... Voilà pourquoi il ne faut pas se contenter d'une implémentation objet, mais se discipliner à "penser objet" au cours d'une phase d'analyse
préalable.
Toutes les dérives fonctionnelles de code objet ont pour origine le non respect des concepts de base de l'approche objet (encapsulation...) ou une utilisation détournée de ces concepts (héritage sans classification...). Ces dérives ne sont pas dues à de mauvaises techniques de programmation ; la racine du mal est bien plus profonde : programmer en C++ ou en Java n'implique pas forcément concevoir objet...
Les difficultés de mise en oeuvre d'une approche "réellement objet" ont engendré bien souvent des déceptions, ce qui a longtemps constitué un obstacle important à l'essor des technologies objet. Beaucoup ont cédé au leurre des langages de programmation orientés objet et oublié que le code n'est qu'un "moyen". Le respect des concepts fondamentaux de l'approche objet prime sur la manière dont on les implémente. Ne penser qu'à travers un langage de programmation objet détourne de l'essentiel.
Pour sortir les technologies objet de cette impasse, l'OMG propose UML.
UML comble une lacune importante des technologies objet. Il permet
d'exprimer et d'élaborer des modèles objet, indépendamment de tout langage de programmation. Il a été pensé pour servir de support à une analyse basée sur les concepts objet.
- UML est un langage formel, défini par un méta-modèle.
Le méta-modèle d'UML décrit de manière très précise tous les éléments de
modélisation (les concepts véhiculés et manipulés par le langage) et la sémantique de ces éléments (leur définition et le sens de leur utilisation).
En d'autres termes : UML normalise les concepts objet.
Un métamodèle permet de limiter les ambiguïtés et encourage la construction d'outils. Il permet aussi de classer les différents concepts du langage (selon leur niveau d'abstraction ou leur domaine d'application) et expose ainsi clairement sa structure. Enfin, on peut noter que le métamodèle d'UML est lui-même décrit par un méta-métamodèle de manière standardisée, à l'aide de MOF (Meta Object Facility : norme OMG de description des métamodèles).
Véritable clé de voûte de l'OMA, UML est donc un outil indispensable pour tous ceux qui ont compris que programmer objet, c'est d'abord concevoir objet. UML n'est pas à l'origine des concepts objets, mais il en constitue une étape majeure, car il unifie les différentes approches et en donne une définition plus formelle.
- UML est un support de communication
UML est avant tout un support de communication performant, qui facilite la représentation et la compréhension de solutions objet.
Sa notation graphique permet d'exprimer visuellement une solution objet, ce qui facilite la comparaison et l'évaluation de solutions. L'aspect formel de sa notation limite les ambiguïtés et les incompréhensions. Son indépendance par rapport aux langages de programmation, aux domaines d'application et aux processus, en font un langage universel.
La notation graphique d'UML n'est que le support du langage. La véritable force d'UML, c'est qu'il repose sur un métamodèle. En d'autres termes : la puissance et l'intérêt d'UML, c'est qu'il normalise la sémantique des concepts qu'il véhicule !
Qu'une association d'héritage entre deux classes soit représentée par une flèche terminée par un triangle ou un cercle, n'a que peu d'importance par rapport au sens que cela donne à votre modèle. La notation graphique est essentiellement guidée par des considérations esthétiques, même si elle a été pensée dans ses moindres détails.
Par contre, utiliser une relation d'héritage, reflète l'intention de donner à votre modèle un sens particulier. Un "bon" langage de modélisation doit permettre à n'importe qui de déchiffrer cette intention de manière non équivoque. Il est donc primordial de s'accorder sur la sémantique des éléments de modélisation, bien avant de s'intéresser à la manière de les représenter.
Le métamodèle UML apporte une solution à ce problème fondamental.
UML est donc bien plus qu'un simple outil qui permet de "dessiner" des
représentations mentales... Il permet de parler un langage commun, normalisé mais accessible, car visuel.
- UML est un cadre méthodologique pour une analyse objet
Une autre caractéristique importante d'UML, est qu'il cadre l'analyse. UML permet de représenter un système selon différentes vues complémentaires : les diagrammes. Un diagramme UML est une représentation graphique, qui s'intéresse à un aspect précis du modèle ; c'est une perspective du modèle. Chaque type de diagramme UML possède une structure (les types des éléments de modélisation qui le composent sont prédéfinis) et véhicule une sémantique précise (il offre toujours la même vue d'un système).
Combinés, les différents types de diagrammes UML offrent une vue complète des aspects statiques et dynamiques d'un système. Les diagrammes permettent donc d'inspecter un modèle selon différentes perspectives et guident l'utilisation des éléments de modélisation (les concepts objet), car ils possèdent une structure.
Une caractéristique importante des diagrammes UML, est qu'ils supportent l'abstraction. Cela permet de mieux contrôler la complexité dans l'expression et l'élaboration des solutions objet.
UML opte en effet pour l'élaboration des modèles, plutôt que pour une approche qui impose une barrière stricte entre analyse et conception. Les modèles d'analyse et de conception ne diffèrent que par leur niveau de détail, il n'y a pas de différence dans les concepts utilisés. UML n'introduit pas d'éléments de modélisation propres à une activité (analyse, conception...) ; le langage reste le même à tous les niveaux d'abstraction.
Cette approche simplificatrice facilite le passage entre les niveaux d'abstraction.
L'élaboration encourage une approche non linéaire, les "retours en arrière" entre niveaux d'abstraction différents sont facilités et la traçabilité entre modèles de niveaux différents est assurée par l'unicité du langage.
UML favorise donc le prototypage, et c'est là une de ses forces. En effet, modéliser une application n'est pas une activité linéaire. Il s'agit d'une tâche très complexe, qui nécessite une approche itérative, car il est plus efficace de construire et valider par étapes, ce qui est difficile à cerner et maîtriser.
UML permet donc non seulement de représenter et de manipuler les concepts objet, il sous-entend une démarche d'analyse qui permet de concevoir une solution objet de manière itérative, grâce aux diagrammes, qui supportent l'abstraction.
- UML n'est pas une méthode
UML est un langage qui permet de représenter des modèles, mais il ne définit pas le processus d'élaboration des modèles. Qualifier UML de "méthode objet" n'est donc pas tout à fait approprié.
Une méthode propose aussi un processus, qui régit notamment l'enchaînement des activités de production d'une entreprise. Or UML n'a pas été pensé pour régir les activités de l'entreprise.
Les auteurs d'UML sont tout à fait conscients de l'importance du processus, mais ce sujet a été intentionnellement exclu des travaux de l'OMG. Comment prendre en compte toutes les organisations et cultures d'entreprises ? Un processus est adapté (donc très lié) au domaine d'activité de l'entreprise ; même s'il constitue un cadre général, il faut l'adapter au contexte de l'entreprise. Bref, améliorer un processus est une discipline à part entière, c'est un objectif qui dépasse très largement le cadre de l'OMA.
Cependant, même si pour l'OMG, l'acceptabilité industrielle de la modélisation objet passe d'abord par la disponibilité d'un langage d'analyse objet performant et standard, les auteurs d'UML préconisent d'utiliser une démarche :
guidée par les besoins des utilisateurs du système,
centrée sur l'architecture logicielle,
itérative et incrémentale.
D'après les auteurs d'UML, un processus de développement qui possède ces qualités fondamentales "devrait" favoriser la réussite d'un projet.
Une source fréquente de malentendus sur UML a pour origine la faculté d'UML de modéliser un processus, pour le documenter et l'optimiser par exemple. En fin de compte, qu'est-ce qu'un processus ? Un ensemble d'activités coordonnées et régulées, en partie ordonnées, dont le but est de créer un produit (matériel ou intellectuel). UML permet tout à fait de modéliser les activités (c'est-à-dire la dynamique) d'un processus, de décrire le rôle des acteurs du processus, la structure des éléments manipulés et produits, etc...
Une extension d'UML ("UML extension for business modeling") propose d'ailleurs un certain nombre de stéréotypes standards (extensions du métamodèle) pour mieux décrire les processus.
Le RUP ("Rational Unified Process"), processus de développement "clé en main", proposé par Rational Software, est lui aussi modélisé (documenté) avec UML. Il offre un cadre méthodologique générique qui repose sur UML et la suite d'outils Rational.
- Conclusion
Comme UML n'impose pas de méthode de travail particulière, il peut être intégré à n'importe quel processus de développement logiciel de manière transparente. UML est une sorte de boîte à outils, qui permet d'améliorer progressivement vos méthodes de travail, tout en préservant vos modes de fonctionnement.
Intégrer UML par étapes dans un processus, de manière pragmatique, est tout à fait possible. La faculté d'UML de se fondre dans le processus courant, tout en véhiculant une démarche méthodologique, facilite son intégration et limite de nombreux risques (rejet des utilisateurs, coûts...).
Intégrer UML dans un processus ne signifie donc pas révolutionner ses méthodes de travail, mais cela devrait être l’occasion de se remettre en question.
[/stm_course_lesson][stm_course_lesson icon="fa-icon-stm_icon_book_stack" title="Le contexte d’apparition d’UML : L’approche fonctionnelle"]
- L’approche fonctionnelle
La découpe fonctionnelle d'un problème informatique : une approche intuitive
La découpe fonctionnelle d’un problème (sur laquelle reposent les langages de programmation structurée) consiste à découper le problème en blocs indépendants. En ce sens, elle présente un caractère intuitif fort.
La réutilisabilité du code
Le découpage d’un problème en blocs indépendants (fonctions et procédures) va permettre aux programmeurs de réutiliser les fonctions déjà développées (à condition qu’elles soient suffisamment génériques). La productivité se trouve donc accrue.
Le revers de la médaille : maintenance complexe en cas d'évolution
Le découpage en blocs fonctionnels n'a malheureusement pas que des avantages. Les fonctions sont devenues interdépendantes : une simple mise à jour du logiciel à un point donné, peut impacter en cascade une multitude d'autres fonctions. On peut minorer cet impact, pour peu qu'on utilise des fonctions plus génériques et des structures de données ouvertes. Mais respecter ces contraintes rend l'écriture du logiciel et sa maintenance plus complexe.
En cas d'évolution majeure du logiciel (passage de la gestion d'une bibliothèque à celle d'une médiathèque par exemple), le scénario est encore pire. Même si la structure générale du logiciel reste valide, la multiplication des points de maintenance, engendrée par le chaînage des fonctions, rend l'adaptation très laborieuse. Le logiciel doit être retouché dans sa globalité :
- On a de nouvelles données à gérer (ex : DVD)
- Les traitements évoluent : l’affichage sera différent selon le type (livre, CD, DVD …)
Problèmes générés par la séparation des données et des traitements :
Examinons le problème de l'évolution de code fonctionnel plus en détail...
Faire évoluer une application de gestion de bibliothèque pour gérer une médiathèque, afin de prendre en compte de nouveaux types d'ouvrages (cassettes vidéo, CD-ROM, etc.…), nécessite :
- De faire évoluer les structures de données qui sont manipulées par les fonctions,
- D'adapter les traitements, qui ne manipulaient à l'origine qu'un seul type de document (des livres).
| Document |
| Code document Nom document Type document |
Calculer date rappel
Centraliser les données d'un type et les traitements associés, dans une même unité physique, permet de limiter les points de maintenance dans le code et facilite l'accès à l'information en cas d'évolution du logiciel.[/stm_course_lesson][stm_course_lesson icon="fa-icon-stm_icon_book_stack" title="Le contexte d’apparition d’UML : L’approche objet"]
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- Les autres concepts importants de l'approche objet.
- l’encapsulation
- l’héritage

- le polymorphisme
Ainsi, une opération définie dans une superclasse peut s'exécuter de façon différente selon la sous-classe où elle est héritée.
Ex : exécution d'une opération de calcul des salaires dans 2 sous-classes spécialisées : une pour les cadres, l'autre pour les non-cadres. Le polymorphisme augmente la généricité du code.
- l’agrégation

- Historique de l’approche objet
- Classes
- Associationsentre classes
- Hiérarchies de classes
- Messages entre objets
- Bibliothèques (STL, USL, Rogue Wave, MFC...)
- Environnements de développement intégrés (Developper Studio,Sniff+...)
- Outils de qu’altimétries et de tests (Cantata++, Insure++, Logiscope...)
- Bases de données orientées objet (O2, ObjectStore, Versant...)
- Inconvénients de l’approche objet
- Solutions pour remédier aux inconvénients de l’approche objet

- La mise en pratique d'UML nécessite un apprentissage et passe par une période d'adaptation.
- Le processus (non couvert par UML) est une autre clé de la réussite d'un projet.